Je suis de ceux qui aiment et non de ceux qui haïssent (Antigone).
Il y a des situations, des personnes, des rencontres…
Il y a des interrogations, des doutes, des suppositions…
Il y a des bonjours, des saluts, des au revoirs, des adieux, des bye…
Il y a la vie…
Et puis, il y a aussi ses moments, ceux qui sont dans une vie, comme des passages surréalistes, qui interviennent comme une grosse claque qu’on s’y attende ou pas.
Là, on s’interroge encore plus fort, on ferme les yeux, on serre les dents, on crispe les poings fermés et on va chercher au plus profond de soi-même, dans ce que l’on peut trouver comme ressource et confiance pour ne pas faillir, pour ne pas défaillir…
La vie nous réserve souvent des « surprises » que l’on voudrait bien éviter mais, des rencontres au détour du chemin, si inexplicables et inexpliquées restent encore plus troublantes et plus angoissantes devant les tournures qu’elles font prendre à l’histoire que l’on vit. Se croire plonger d’un coup dans un mauvais film de série B, un vieux « polar » qui n’aurait pas su être écrit de façon subtile, sans suspense, sans surprise, mais avec tout le décorum le plus cliché qu’il puisse être donné à un pavé digne de croupir dans un grenier.
Quelle est donc notre part de responsabilité face à autrui, à ce qu’il/elle ressent pour nous ? Doit-on se sentir coupable de monopoliser, malgré soi, l’attention et les pensées de l’autre quel qu’il soit ou quelle qu’elle soit ? Doit-on se satisfaire d’inspirer de tels sentiments en se complaisant dans un sentiment de satisfaction de son égo ou bien simplement agir dans la plus grande mesure du possible ?
Certes mes propos peuvent ressembler à un délire de mon esprit, bien plus qu’à un raisonnement sain et logique. Mais où se trouve le raisonnement ? Où se trouve la logique face à l’autre qui s’entête, s’acharne, entreprend cette croisade dans le but d’assouvir ses volontés d’acquérir ? Que comprendre ? Quelle attitude adopter ? Comment ne pas s’effrayer de se voir transformer en objet de future acquisition ? Comment ne pas vouloir fuir et crier, quand on s’aperçoit n’être qu’un outil fantasmagorique du délire d’un cerveau si peu équilibré ? Comment ne pas se laisser atteindre par les diverses tentatives pour blesser encore et encore, dans le seul but d’anéantir ? Comment ne pas vouloir se rebeller d’être l’enjeu d’un dogme de jalousie et de possessivité qui engendre une aspiration, une volonté forte de détruire l’être que l’on ne peut pas posséder ? Comment peut-on, à ce point, galvauder le mot « amour » pour n’en faire que l’illustration de « possession ». Comment peut-on prétendre aimer quand tout n’est que machiavélisme, manipulations diverses et jalousie persistante ?
Tout cela reste interrogation. Tout cela reste effrayant. Je ne suis aujourd’hui qu’interrogation. Je ne suis aujourd’hui qu’effrayée. Je me demande comment une personne X peut prétendre aimer Y alors que le seul but de X est de posséder Y comme une chose. Cela me fait peur que de voir à quel point X est capable de manipulations diverses, de harcèlements si faibles dans la mesure mais si persistants qu’ils sont à chaque fois une piqûre qui fait un peu plus mal que la précédente. Je n’arrive pas à comprendre l’attitude de X, qui se fait groupie de Y, sans aucune volonté de cette dernière, sans qu’elle ait prétendu à ce statut. X, aurait-elle un cerveau « malade », au point de faire une fixation si intense sur Y ? L’expérience et la reproduction d’un schéma déjà établi des mois plus tôt ont garanti à Y de se préserver de cet événement qui n’a rien de soudain. Cependant l’interrogation sur la complexité des comportements de X demeure en Y qui se demande comment canaliser des aspirations aussi malsaines. Quel est donc cet étrange phénomène qui pousse certains êtres à avoir une attitude aussi fanatique, à idolâtrer l’objet de leur convoitise, au point de vouloir sa destruction totale plutôt que de ne pas en obtenir la possession ? Je veux croire que cet esprit aussi malsain que malade se calmera, face à son échec. Je ne perds pas confiance. Je garde les yeux et le cœur sur mes objectifs et sur les autres. Face à cette attitude, qui reste aussi incompréhensible pour moi que négative, j’oppose ici toute la confiance que j’ai dans ce que l’esprit malsain veut détruire de mes relations et son échec alors, dans ce combat, devient ma victoire. J’irai jusqu’au bout, et j’anéantirai moi-même cette destruction si je le dois, mais seulement par obligation car je ne souhaite pas en arriver là malgré tout. Aujourd’hui, j’ai juste pitié de cet esprit malsain… Une pitié qui s’apparente aussi d’une certaine lassitude et d’un dégoût d’elle… On ne lutte pas contre ses sentiments : ils sont miens dans cet instant.
Un peu de musique, là où on voudrait peut être se retrouver dans un moment plus paisible...