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Je suis de ceux qui aiment et non de ceux qui haïssent (Antigone).

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Tu me manques

Et voilà, il suffit d'un séjour bref, trop bref, ailleurs... Un séjour dont on oublie rien parce que c'est tellement bon, un séjour qui laisse tous ces petits bonheurs qui restent gravés. Et puis, parmis ces instants si précieux, celui qui évoque Ferrat et voilà que je parle de toi. Le lendemain c'est le retour... et par un pur hasard, un de ces moments de la vie où on s'étonne de la coïncidence, alors que je quitte la gare d'où je viens d'arriver, je repasse devant chez toi, malgré moi, me détournant de la route la plus directe pour rejoindre mon "chez moi". Prolongeant les instants précédents et l'évocation de Ferrat, je me plonge alors dans les textes de ce poète contemporain. Je me délecte à nouveau de ses textes, de ses chansons que tu m'as fait connaître. Tu es présent ! Là, maintenant, encore plus que d'habitude... Et voilà que les chansons s'enchainent et Ferrat égraine son "Oural Ouralou" dans mes oreilles. Je plaque instinctivement les écouteurs de mon casque sur mes oreilles, savourant ces nouveaux instants, mais... Ferrat nous conte alors cet être disparu qui, il l'espère, trouve le bonheur au paradis des chiens et moi, je pense encore à toi.
 
Non, je ne veux pas penser à cet homme affaibli, cet homme amaigri et meurtri, dévoré par cette...  je refuse de dire le nom !! Je refuse cette défaite si injuste après ce combat d'une année, je refuse ce vol de ta vie, toi si plein de celle-ci, toi si plein de projets d'avenir, de dynamisme et de joie de vivre. Je veux me souvenir de celui, si finement farceur, qui n'hésitait pas à  bousculer l'entourage de la façon la plus délicate pour booster son monde, je veux me souvenir de Bernard, mon oncle que j'aimais et que je n'oublie pas..., de Bernard, mon "complice à bétises", de mon parrain de communion que j'avais choisi juste parce que c'était toi et qu'il ne pouvait en être autrement, de mon exemple de vie...
 
Quel ridicule de m'adresser ici à toi, mais comment pourrais je faire différemment ? Si Ouralou galope au paradis des chiens, toi, tu as rejoint ton paradis blanc et tu n'as pas laissé d'adresse. A part le coeur et la mémoire, je ne vois donc pas d'autre alternative pour te parler. Ce n'est pas un jour anniversaire, c'est juste un jour ordinaire, un jour où Romain grandit sans toi  mais je reste convaincue que tu n'es pas loin... Enfin... je l'espère, là-haut dans ton paradis blanc où tu ne souffres plus, où la mort a vaincu ta maladie en prenant ta vie...
 
Avec toi j'ai  perdu l'oncle dont j'étais la plus proche, probablement aussi parce que nous avions si peu d'écart d'âge que tu aurais plus pu être mon frère que mon père. Tu me manques... et j'écoute encore Ferrat et je pense à toi...


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