Partager l'article ! Vers d'autres horizons: Paris, 7 heures du matin Le jour est déjà levé et le ciel gris annonce encore une morne journée. Les doigts lége ...
Paris, 7 heures du matin
Le jour est déjà levé et le ciel gris annonce encore une morne journée. Les doigts légers sur la poignée, j’ouvre doucement la fenêtre. Cette fin de mois de mai porte encore les stigmates de
l’hiver passé. Le froid inhabituel de cette époque vient subitement saisir mon corps et achève de me réveiller. Mon regard se porte, du haut de cette tour, vers l’horizon citadin. Au fond, devant
moi, j’aperçois la vieille dame de fer, qui trône toujours si majestueusement et puis.. tournant la tête, le Sacré Chœur qui lui donne la réplique dans un ballet immuable des monuments si prisés
des touristes. La vie s’active déjà. Les pas pressés vers la bouche de métro… Paris, l’instant… Paris…
Statufiée devant la fenêtre ouverte, j’ai oublié le froid, le regard perdu dans l’immensité grise qui annonce la pluie. Mes pensées s’évadent… le ciel est bleu, d’un bleu si profond et si intense
qu’il invite aux voyages. Renaissance de l’été, envie de s’évader. Se libérer des chaînes de cette année et partir explorer d’autres horizons lointains. Une croisière peut-être. Chavirer dans ce
doux projet et sentir déjà l’air iodé qui caresse les narines, présageant de découvertes. Un avion, aéroport garni par des bruits joyeux d’une foule qui attend patiemment pour rejoindre d’autres
cieux. Vacances… pensées si douces qu’elles me font oublier l’heure et l’endroit. Dépaysement. Envie inassouvie qui finira probablement par forcer l’un de mes choix.
Qu'aurais-je été, qu'aurais-je été
Sinon cet inconnu qui croit qu'on lui pardonne
Pour son accent de vérité
De ravir au passant la chanson qu'il fredonne
J'aurais simplement voulu être heureux
J'aurais simplement voulu
La la la la la la la la
J'aurais seulement voulu
Qu'aurais-je été qu'aurais-je été
Sinon cette vallée que tous les vents traversent
Mes certitudes ballotées
Ces mots à peine éclos à mes lèvres qui gercent
J'aurais tant voulu vivre un monde heureux
J'aurais seulement voulu
La la la la la la la la
J'aurais seulement voulu
Jean Ferrat chante, et la radio grésille. Quelques oiseaux plus hardis, plus courageux s’égosillent et viennent
perturber le ciel de quelques battements d’ailes. Rien ne vient ni ne peut troubler mes pensées. Je découvre le Tajmahal, je navigue sur des flots calmes des mers du sud, je parcours l’Orient où
je profite des épices qui colorent autant les marchés animés que les plats locaux, je gravis l’Everest et je plonge admirer les barrières de corail, j’arpente la muraille de Chine et je rejoins
Lassa pour quelques instants de méditation. J’entends les cloches tibétaines qui tintent à mon oreille, m’entraînant déjà vers d’autres lieux. J’admire les scènes de vie en Patagonie, elles qui
ressemblent tant à des merveilleux tableaux colorés, puis je vole vers l’Acadie, terre jonchée par mes ancêtres. J’explore encore et encore, avide de ce monde, de son histoire, de sa vie.
La sirène d’un camion de pompiers retentit brusquement, m’extirpant de cette douce torpeur. La fenêtre restée ouverte, je sens mon corps glacé. Fébrilement je la referme et mon regard se pose sur
la pendule. Il est l’heure… Il faut se préparer.
Paris, 7 heures 15
C’est décidé, j’irai explorer le monde durant l’été !
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Sous les écailles grises
d' une coquille d' huître
dort une perle de nacre.
Et la mer se retire,
affleure les récifs
d' une barrière de corail.
Si j' avais su te dire...
A quoi bon l' immortelle?
cette fleur tout à fait morte
dont les pétales fanés
se dessèchent sous un globe.
Je préfère l' éphémère
dont le vol argenté
me rappelle à jamais
un éternel été.
Si j' avais su te dire...
Les mots se dissimulent,
les lettres se minusculent,
dans l' espoir d' une virgule.
En suspension.
Sous perfusion.
Trois petits points de suspension.
Mais voici déjà l' heure
où les ombres s' allongent,
où le mystère émerge
du pays des mensonges.
quand la lame de fond
des souvenirs remonte.
Où trouver l' élégance
de garder le silence?
Si j' avais su te dire...
Les mots se dissimulent,
les lettres se minusculent,
dans l' espoir d'une virgule.
En suspension.
Sous perfusion.
Trois petits points de suspension.
Et quelqu' un reprendra
cette chanson pour toi
avec des mots plus forts,
avec des mots plus justes.
Chanter à ta mesure,
ce que je n' ai jamais su.
Mais je n' ai jamais su
chanter à ta mesure.
Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève.
La plainte douloureuse d'un chien qui aboie,
le silence inquiétant qui précède les rêves
quand le monde disparu, l'on est face à soi.
Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent,
Le noir où s'engloutissent notre foi, nos lois,
Cette inquiétude sourde qui coule dans nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies.
Ces visages oubliés qui reviennent à la charge,
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre 100 fois,
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines,
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard.
Ces paroles enfermées que l'on n'a pas pu dire,
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris,
Ces appels évidents, ces lueurs tardives,
Ces morsures aux regrets qui se livrent la nuit.
Ces solitudes dignes du milieu des silences,
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées,
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux joués cassés.
Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les être
Ces désirs évadés qui nous feront aimer,
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines,
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
J-J. Goldman
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