Mercredi 22 avril 2009
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C’est l’histoire d’une musique. C’est l’histoire d’une
histoire. C’est la musique d’une histoire. On ne veut pas la connaître, là maintenant. On ne veut pas savoir ce qu’elle raconte, ce qu’elle dit.
Sa musique raconte déjà tellement sur soi, alors on ferme les yeux et on lit dans le cœur ce que les oreilles écoutent et délivrent de tout ce qui peut nous coller à la peau : elle n’est plus que
l’assemblage des notes de toute cette torture intérieure. Tout commence par cette voix, qui surgit d’on ne sait où, comme un gémissement de souffrance, un appel désespéré qui vient du plus
profond, du néant. D’un coup elle s’accompagne de ces violons. Ils viennent faire grincer les notes de la révolte intérieure. Derrière, le rythme reste le même. L’insistance de cet air qui pose
l’ambiance, glauque… Et puis d’autres violons qui s’ajoutent à cette cacophonie qui n’en est rien. Chaque note entre dans l’oreille et pénètre dans l’âme. Les tambours s’activent au son de ces
violons si insistants, si tranchants, de ces rythmes sonores et percutants qui délivrent la sentence. L’ambiance est là. Les violons crient. Ils racontent cette désespérance sans cesser leur
complainte. La voix, dominée par cet ensemble, continue ses complaintes. D’un coup l’apaisement pourrait laisser croire que tout va s’arranger… mais ce n’est qu’un répit. C’est l’histoire d’un
silence, c’est l’histoire d’une fuite. Cette dualité constante qui attire et repousse en même temps.
Une lutte interne qui entraîne encore et toujours dans ce combat qui reste comptable de tellement de douleurs, de souffrances. Combat mené malgré soi, mais toujours aussi intérieur qui fait
ressortir à chaque seconde les doutes les plus cachés, les craintes les plus perfides. Cette irrésistible envie d’avancer qui se paralyse dans la terreur d’avoir encore des blessures. Tout n’est
plus qu’un champ de bataille où l’adversaire n’est que soi-même. Tout est difficulté quand cela semble tant de simplicité pour d’autres. Il ne suffit plus de vouloir mais aussi d’accepter quand
la panique saisit et qu’elle pousse vers une fuite insensée. On sait alors que les décisions ne sont pas les bonnes, on voudrait crier sur tout ce qui fait mal, là maintenant, mais ces tortures
internes rendent muet et on reste impassible, inactif… On laisse croire que l’on est qu’un bloc de glace, agissant méthodiquement alors qu’au fond de soi, tout n’est que lutte et dualité
constantes, tout n’est que fusion d’un volcan. La révolte intérieure qui gronde contre soi de ne savoir comment agir, contre l’autre dont on voudrait voir les émotions, connaître les pensées,
juste pour se rassurer, juste l’espace d’un instant, savoir pour être apaisé. La musique poursuit la partition, s’égraine de chaque note mais tout est tellement confus en soi que les sons
transpercent l’âme, explosent le reste de ce qui fut le cœur avant… Se sentir désoeuvré, ne pas pouvoir agir, simplement paralysé par les incertitudes et les milliers de questions qui viennent en
rejoindre une liste déjà bien longue. Souffrir de vouloir réagir simplement parce qu’on sait déjà que la réaction que l’on a programmée n’est pas la bonne, qu’elle tombe comme une sanction, sous
le coup du désespoir et de la douleur, alors là même que l’on voudrait juste que ces bras protecteurs, ce regard bienveillant tout comme cette voix tendre et sincère ne soit pas un souvenir qui
tranchent ainsi le cœur mais juste… encore là maintenant… C’est l’histoire d’une musique, torturée et d’une dualité constante.
C’est l’histoire d’une histoire dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants. C’est l’histoire d’une souffrance d’entrer dans les certitudes d’une ignorance et du silence, de tout ce qui
fait si mal maintenant que le couperet est tombé. C’est l’histoire d’avoir choisi simplement de se mutiler. Il ne s’agissait pas de savoir si le faire ou pas, mais juste un détail du choix du
membre. Le cœur n’est plus qu’une pompe biologique, le reste n’est désormais que douleurs de souvenirs qu’ils soient doux ou dans la torture, l’histoire de ne juste pas savoir comment faire, du
désespoir de se sentir encore une fois si peu à la hauteur qu’on abandonne et qu’on fuit plutôt que de se battre, se disant qu’on a forcément déçu encore une fois, pour mériter ainsi telle
réaction, pour retomber dans l’anonymat pour qui on ne voudrait pas. C’est juste le début de ce chemin à parcourir, sinueux et plein d’embûches où il faudra bien admettre un jour qu’on a perdu
simplement ce qui pouvait vraiment rester de soi. L’histoire d’un manque à la vie qui rend définitivement amères toutes les victoires et dont le remède c’est lui, même s’il n’en saura jamais rien
puisqu’il y a bien longtemps maintenant qu’on est devenu dans sa tête juste un vague souvenir qu’on a effacé alors que… l’on continuera malgré soi, le cœur retourné dans l’estomac… Et puis de
toute façon à quoi bon, même si on a envie, on sait qu'il ne passera pas par là. Entre un emploi du temps très bien rempli et un vague souvenir bien vite effacé, les probabilités restent faibles.
Et puis, après tout, c'était tellement facile de clore la porte, par un mail après nuit blanche qui exposait tant de sincérité pour ne finir que par deux phrases de mensonges et un post-scriptum
en forme de baroude qui ne sert qu'à se faire un peu plus mal à soi-même... C'est la vie... Enfin, il parait... Et on écoute encore et toujours cette musique si prenante, si pleine de soi et de
toute cette torture qu'on sait qu'on doit affronter simplement parce que l'on a pas le choix, simplement parce qu'on fait le rêve fou de voir l'oiseau de feu venir chercher et dire "non ! stop !
je ne suis pas d'accord" mais que c'est juste un rêve aussi étrange que fou, un rêve qui ne se réalisera pas puisque c'est ainsi, et que l'on reste un vague souvenir effacé dont on sait qu'il ne
préoccupe ses pensées...
C'est l'histoire d'un requiem en forme de confession, un tête à tête avec soi-même, à défaut d'être avec... Lui.
S’en sortir devient aujourd’hui un véritable parcours du combattant.
A chaque prise c’est le même rituel : je perds le contrôle de tout ce qui fait la réalité.
Comment l’expliquer ? Comment contrôler ce manque ? Comment m’en sortir ?
…
Et voilà c’est reparti !
Ca y’est !
Je la vois… cette douce sensation de légèreté. Celle qui m’emporte et m’entraine avec elle vers des horizons perdus que seul mon imaginaire sait inventer.
Cette douce sensation qui me fait me sentir forte, surhumaine, invincible…
Douce sensation lumineuse.
Ha ! Quel voyage… je me sens si bien.
Tout n’est qu’artifices, je le sais…, mais c’est si bon…
Dans cet espace, le mien, celui que je créée au fur et à mesure de mon ascension. Là où je suis maître de tout, là où je suis libre de tout, je contrôle TOUT ! Je me repasse mes vieux films, je défais, je refais, parfois même j’ose l’impensable. Il fait bon d’être ici !
…
Tiens ! Ma bulle se met à tourner. Ce n’est pas ce que j’ai décidé… Non pas déjà ! Ca va trop vite… TOUT va trop vite !
Pourquoi ?… Pourquoi ?... Je ne contrôle plus rien. De nouvelles formes apparaissent… tout se déforme… les couleurs changent… les images disparaissent… Que se passe-t-il ? Il y a quelque chose d’inhabituel qui m’envahit. Je n’arrive pas à reprendre le dessus.
Qu’est ce que c’est que ça ? Il fait chaud, mes pensées s’emballent, ma vision se trouble…
Suis-je en train de devenir folle ? Je ne reconnais pas ce sentiment. Ca me ronge à l’intérieur. Je sens les moindres détails de mon être… mon cœur s’agite, mon sang déferle, mes veines s’enlacent, ma peau vibre, mes organes se tordent…
« Non !... Stop !... Non !... » Je ne veux plus… pas maintenant ! Je veux que ça s’arrête ! J’essaye de crier, ma voix s’éteint. J’essaye d’ouvrir les yeux, mais je reste dans le noir.
Il faut que je sorte de là ! Il faut que je me réveille !
« Vite ! Vite ! Vite ! Dépêche-toi bon sang ! Cours ! Plus vite… ! … ! ... ! »
…
Où suis-je ? Mais qu’est ce que c’est que ce truc ? Ho, mon Dieu, non !
C’est horrible. Aucune issue. Je suis prise au piège… Elle revient, plus forte. Dans sa frénésie, elle choisit de m’envouter, de me dominer et de me paralyser avec violence…
J’ai mal. J’ai le vertige. Je perds pied. Je sombre.
Et elle continue jusqu’à me consumer avec vice, alors que mon corps flottant au dessus de ses notes lui supplie pour une dernière fois de m’absorber avec rage…
…
Cette drogue si dure et si douce à la fois, cette drogue qui enivre jusqu’à en perdre définitivement la raison, cette seule et unique drogue que je recommande, cette drogue pour qui je défendrai toujours les effets, ma drogue à moi c’est la musique.
MERCI pour cette prière, cette confession, ce voyage parallèle, ce REQUIEM.
PS:
1) L’usage de drogue NUIT GRAVEMENT à la santé
2) L’usage de drogue est PUNI PAR LA LOI
Pour ces deux raisons la seule drogue utilisée ici reste la musique !